Emile Mbouh : "Les Lions doivent viser le podium"

Emile Mbouh : « Les Lions doivent viser le podium »

À quelques heures du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, une voix résonne avec une autorité particulière : celle d’Emile Mbouh, capitaine légendaire du Cameroun lors du sacre historique de 1988 au Maroc. Installé depuis de nombreuses années aux États-Unis où il forme aujourd’hui les jeunes talents à travers son académie Lions Soccer et en tant que coach de l’équipe universitaire masculine de Howard University, l’ancien milieu de terrain n’a rien perdu de sa passion pour les Lions Indomptables.

Dans un entretien accordé à CAFOnline, celui qui a honoré 113 sélections et participé à deux Coupes du Monde livre un regard sans concession sur le football camerounais actuel, tout en rappelant les valeurs qui ont fait la grandeur de sa génération.

La CAN, une vitrine du talent africain

Pour Emile Mbouh, la signification de cette compétition demeure intacte : « La CAN est la compétition de football la plus prestigieuse du continent. Elle sert de vitrine au talent africain et renforce la réputation de l’Afrique sur la scène mondiale. » Une vision qui prend tout son sens à l’aube d’une nouvelle édition où 24 nations s’affronteront pour décrocher le titre suprême.

Celui qui était le métronome de l’entrejeu camerounais a forgé sa légende au sein d’un collectif d’exception. Entouré de monstres sacrés du football africain tels que l’éternel Roger Milla, les imposants frères Omam-Biyik et Kana-Biyik, l’intraitable Joseph-Antoine Bell dans les buts et le précieux Bonaventure Djonkep, Mbouh a participé à l’édification d’une machine de guerre qui terrorisait les défenses africaines. Cette équipe légendaire s’était bâtie sur des valeurs fortes : l’abnégation, l’esprit d’équipe et une soif inextinguible de victoire.

Les secrets d’un sacre mémorable

Interrogé sur les ingrédients qui ont permis au Cameroun de triompher en 1988 et d’atteindre la finale en 1986, l’ancien capitaine (1985-1988) livre une formule qui reste d’actualité : « Les équipes ayant déjà participé à cette compétition ont souvent un avantage. Mais la cohésion, une équipe soudée et solidaire, le talent que nous possédions, ainsi que la force de caractère, indispensable pour ne rien lâcher dans les moments difficiles, sont essentiels. »

Des mots qui résonnent comme un message adressé aux Lions Indomptables version 2025, qui devront puiser dans ces mêmes ressources pour espérer ramener le trophée à Yaoundé.

Un regard partagé sur l’évolution de la compétition

L’augmentation du nombre de participants, passé de 16 à 24 équipes, suscite chez l’ancien joueur du Havre et de Vitória Guimarães des sentiments mitigés : « Je suis partagé sur cette augmentation. Beaucoup d’équipes ont progressé, mais j’ai des doutes sur le niveau global. Il peut toujours y avoir des surprises. » Une analyse lucide qui rappelle que si le format s’est élargi, l’exigence pour atteindre le sommet demeure intacte.

Des Lions qui doivent retrouver leur âme

C’est sans doute sur l’état actuel de la sélection camerounaise qu’Emile Mbouh se montre le plus direct, laissant transparaître une frustration palpable. « Je ne sais pas vraiment quoi dire… Je ressens beaucoup de frustration en les voyant jouer sans âme. On ne voit plus de guerriers, alors qu’il y a de la qualité. Je pense qu’ils peuvent faire beaucoup mieux. »

Un constat sévère mais empreint d’une espérance tenace. Car malgré ce regard critique, l’ancien capitaine croit encore au potentiel des Lions Indomptables. Son message est clair : « Mon regard se porte particulièrement sur les Lions indomptables, qui doivent redonner le sourire aux Camerounais et montrer au monde que nous sommes toujours présents, en visant la première marche du podium. »

L’espoir d’un sursaut d’orgueil

Alors que le débat fait rage sur les chances camerounaises dans cette CAN 2025, Emile Mbouh refuse les pronostics faciles tout en laissant une porte ouverte à l’exploit : « Ce serait prétentieux d’affirmer qu’ils vont gagner, mais si l’amour-propre des joueurs est touché, ils peuvent y parvenir. Let’s wait and see. »

Une phrase qui résume toute la philosophie d’un champion : l’humilité dans l’approche, la confiance dans le potentiel, et la conviction que l’orgueil national peut déclencher des miracles. C’est précisément cet amour-propre qui avait propulsé sa génération vers la gloire en 1988 en terre marocaine, et c’est ce même ressort psychologique qu’il appelle de ses vœux pour les Lions de 2025.

À quelques heures du premier coup de sifflet, les paroles d’Emile Mbouh résonnent comme un vibrant appel lancé aux Lions Indomptables : retrouver cette âme guerrière, cette cohésion légendaire et cette force de caractère qui ont fait la grandeur du football camerounais. Car si les époques changent, l’exigence de grandeur, elle, demeure éternelle.

Les souvenirs de 1988 restent profondément gravés dans la mémoire du capitaine. Reste à savoir si la génération actuelle saura écrire, à son tour, une page glorieuse de l’histoire du football camerounais.

Plus de lecture

Post navigation

Laisser un Commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *