Pour le compte de la première journée de la MTN Élite One, Dynamo de Douala s’est imposé à domicile face à l’AS Fortuna (4-2). Une victoire spectaculaire sur le papier, mais une rencontre qui laisse derrière elle un goût amer, tant les faits de jeu observés ont alimenté doutes, frustrations et soupçons chez les supporters et observateurs avertis.
À la pause, rien ne laissait présager une telle polémique. Les deux équipes livraient une première période engagée et équilibrée, conclue sur un score de parité (1-1). Fortuna répondait coup pour coup, affichant une organisation solide et une réelle opposition face aux Bon Ba Job. Le match semblait alors suivre un cours logique, disputé et indécis.
Mais au retour des vestiaires, le scénario a radicalement changé. Alors que AS Fortuna parvient à prendre l’avantage au score, un sentiment étrange s’installe progressivement dans les tribunes. L’équipe, jusque-là bien en place, semble soudainement lever le pied. Les espaces se multiplient, les interventions défensives manquent d’engagement et certaines relances paraissent inexplicablement approximatives. Dynamo en profite pour revenir au score, avant d’inscrire deux buts supplémentaires dans les dix dernières minutes, scellant une victoire 4-2 aussi renversante que déroutante.
Parmi les actions qui nourrissent la polémique, plusieurs séquences défensives de Fortuna interpellent. Des défenseurs semblant hésiter au duel, des pertes de balle inhabituelles, à l’image du ballon mal négocié qui permet à Dynamo d’égaliser par Jules Armand Kooh. À cela s’ajoutent des choix tactiques incompris. À l’heure de jeu, le coach de Fortuna, Ndedi Prosper, procède à des remplacements qui surprennent plus d’un observateur : sortie du gardien Soulemanou Aliou, pourtant solide jusque-là, officiellement pour blessure, puis celle de l’attaquant Solomon Asaah, très actif et buteur, qui posait de sérieux problèmes à la défense adverse.
Après la rencontre, Ndedi Prosper a tenu à se justifier face aux soupçons grandissants. « Nous avons bien commencé le match en première période. En seconde, nous avons eu quelques blessés et nous avons connu une baisse de régime », explique-t-il.
Interrogé plus directement sur les accusations de vente de match, le technicien se montre ferme : « Nous ne sommes pas des commerçants. Nous avons joué un bon match. Nous faisons une bonne première période et malheureusement, en seconde période, nous perdons successivement le gardien, notre avant-centre et un milieu de terrain. C’est globalement cette situation qui nous a fragilisés. »
Même son de cloche du côté des joueurs. Sorti à l’heure de jeu, l’avant-centre Solomon Asaah tente de calmer les esprits : « C’était un bon match, avec beaucoup d’intensité. Les deux équipes avaient des choses à proposer. On ne peut pas dire que nous avons accompagné l’adversaire ou levé le pied. Nous sommes venus jouer et nous avons fait ce que nous pouvions. »
Du côté de Dynamo, on préfère mettre en avant la force mentale et l’intensité du groupe pour expliquer ce retournement de situation. Jules Armand Kooh, capitaine et buteur, défend la prestation des siens : « C’était un match d’ouverture, et ce ne sont jamais des matchs faciles. On s’est dit qu’il fallait réagir comme en première mi-temps, ne rien lâcher. Nous avons tout donné et nous avons été récompensés par les buts en fin de match. Je ne pense pas que Fortuna ait lâché prise. C’est plutôt l’intensité que nous avons mise qui a provoqué leur baisse de rythme. ».
Au terme de cette rencontre, de nombreuses questions restent en suspens. S’il n’existe à ce jour aucune preuve tangible permettant d’affirmer une quelconque vente de match, la physionomie de la seconde période et certaines actions observées sur le terrain continueront longtemps d’alimenter les débats. Une chose est sûre, Dynamo empoche ses trois premiers points de la saison et lance idéalement son exercice, tandis que l’AS Fortuna quitte Douala sous le poids des soupçons et d’une polémique déjà brûlante dès la première journée.



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