Dans un huitième de finale haletant qui restera gravé dans les mémoires, l’Algérie a arraché sa qualification pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations face à une valeureuse équipe de la République Démocratique du Congo. Le score sans appel ne reflète pas la bataille titanesque livrée pendant 119 minutes : 1-0 après prolongations, sur un but libérateur d’Adil Boulbina inscrit à quelques secondes du dénouement final.
Dès le coup d’envoi, le ton est donné. L’Algérie cherche à imposer son jeu de possession, récupérant 59% du cuir face à des Congolais regroupés dans un bloc compact et discipliné. La stratégie de Vladimir Petkovic est de contrôler, temporiser, attendre la faille. En face, Sébastien Desabre mise sur la solidité défensive et les contres tranchants de ses attaquants.
La première période s’apparente à un match d’échecs grandeur nature. Ibrahim Maza tente sa chance du gauche depuis l’entrée de la surface, mais sa frappe est trop croisée. Cédric Bakambu, nerveux, multiplie les fautes sur Bennacer, symbole d’un match haché par l’intensité physique. Justement, le milieu de terrain algérien, victime d’une blessure aux ischio-jambiers, doit céder sa place à Abdelli, un coup dur pour les Fennecs qui perdent un cadre technique majeur.
Au retour des vestiaires, l’Algérie hausse le curseur. Plus entreprenante, plus pressante, l’équipe algérienne multiplie les offensives mais se heurte à un mur congolais infranchissable. La justesse manque dans les derniers mètres, les ballons ne trouvent pas leur destinataire, et le gardien Lionel Mpasi veille au grain.
Malgré les changements tactiques opérés par les deux sélectionneurs, le tableau d’affichage reste désespérément vierge au terme des 90 minutes réglementaires. Direction les prolongations. Le scénario redouté par les deux camps, celui qui fait basculer les rencontres sur un instant, un éclair de génie… ou une erreur.
Les premières quinze minutes supplémentaires s’inscrivent dans la continuité d’un match verrouillé. La fatigue commence à se faire sentir, mais la tension monte d’un cran. Les cartons jaunes pleuvent ; Chancel Mbemba pour obstruction sur Mohamed Amoura, Anis Hadj Moussa pour une faute sur Michel-Ange Balikwisha. Chaque action devient capitale.
Baghdad Bounedjah pénètre dans la surface après un service d’Amoura et déclenche une frappe dans un angle fermé, en vain. Les coups francs algériens se multiplient, notamment celui obtenu à 30 mètres suite à une faute en retard d’Edouard Kayembe. Anis Hadj Moussa tente également sa chance, mais la défense congolaise, avec un Axel Tuanzebe impérial dans les duels (100% de duels gagnés), ne cède rien.
La seconde mi-temps des prolongations débute avec l’entrée d’Adil Boulbina et Ramiz Zerrouki, dernières cartouches algériennes. Les occasions s’enchaînent des deux côtés. Nathanaël Mbuku repique vers l’axe et déclenche une frappe contrée. Mohamed Amoura, servi par Bounedjah, remet au centre pour Farès Chaïbi dont le tir est repoussé par Mpasi. Fiston Mayele, signalé hors-jeu, voit son action stoppée net.
Le chronomètre affiche 119 minutes. Les esprits commencent à se projeter vers l’épreuve des tirs au but. C’est alors que tout bascule. Sur une action rondement menée, Farès Chaïbi décale parfaitement Adil Boulbina qui ne tremble pas et trompe le gardien congolais. Le stade explose. Les joueurs algériens s’embrassent. Sur le banc congolais, c’est la consternation.
Pour la République Démocratique du Congo, la pilule est difficile à avaler. Pendant 119 minutes, les Léopards ont livré une prestation défensive remarquable, avec Aaron Wan-Bissaka impeccable dans ses interventions (3 interceptions) et Michel-Ange Balikwisha dominant ses duels (86% de réussite). Mais au football, l’abnégation ne suffit pas toujours. Un but encaissé dans les ultimes secondes, et c’est tout un rêve continental qui s’envole.
Pour l’Algérie, cette qualification arrachée dans la douleur a un goût particulier. Les Fennecs ont montré leur capacité à tenir le choc physiquement et mentalement, à ne jamais lâcher malgré la frustration accumulée. Adil Boulbina, jeune attaquant de 22 ans, entre ainsi dans l’histoire en offrant à son pays un ticket pour les quarts de finale.



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