Réélu pour un second mandat à la tête de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT), Samuel Eto’o aborde les quatre prochaines années avec une feuille de route ambitieuse. Au cœur de ce nouveau mandat : quatre chantiers majeurs censés remettre de l’ordre, de la compétitivité et du prestige dans un football camerounais en perte de vitesse.
Mais avant de détailler ces axes prioritaires, il est important de rappeler que ce second mandat ne démarre pas dans un contexte simple. Le football camerounais traverse une période sensible, marquée par des résultats décevants, des tensions institutionnelles et un climat général d’incertitude.
Face à ces défis, Eto’o sait qu’il devra agir vite, rassembler les acteurs du football et prendre des décisions fortes pour remettre l’ensemble du système sur de bons rails.
C’est dans cet esprit qu’il a présenté quatre chantiers majeurs, destinés à redonner une direction claire au projet fédéral et à relancer durablement la dynamique du football national.
Restaurer les valeurs et la sérénité au sein de l’équipe nationale
Le premier chantier, et sans doute le plus urgent, concerne le retour à la sérénité dans la tanière. Depuis plusieurs mois, les tensions entre la FECAFOOT, le sélectionneur Marc Brys et le Ministère des Sports ont profondément ébranlé la stabilité de la sélection nationale.
Une atmosphère confuse et des divergences institutionnelles qui ont ralenti la préparation et fragilisé l’environnement des Lions Indomptables.
Si le Cameroun souhaite espérer une participation solide à la CAN 2025 au Maroc, la normalisation des relations, le rétablissement de la discipline et la restauration des valeurs devront être des priorités absolues.
Rendre le label « Lions Indomptables » à nouveau attractif
Le deuxième chantier touche à un symbole : le prestige du label « Lions Indomptables ».
Autrefois redouté sur le continent, ce label a perdu de sa force en raison des contre-performances répétées des sélections nationales, toutes catégories confondues, dans les grandes compétitions internationales.
Même la sélection fanion ne dégage plus la sérénité d’antan, et son simple nom ne suscite plus la crainte habituelle chez ses adversaires.
Redorer cette identité passera par une réorganisation sportive, une communication modernisée et une performance régulière sur le terrain.
Relancer un championnat à l’arrêt et repenser la base du football
Le troisième chantier porte sur les championnats nationaux, aujourd’hui à l’arrêt depuis juillet.
Aucune date officielle de reprise n’a été annoncée, laissant clubs, joueurs, encadreurs et supporters dans une incertitude permanente.
Au-delà du championnat professionnel, il faudra également repositionner le football jeune et amateur au centre du projet fédéral, tant ces catégories constituent le véritable vivier du football camerounais.
Sans relance effective et sans vision pour la base, toute ambition de performance au haut niveau restera fragile.
Renforcer l’autonomie financière de la FECAFOOT
Le dernier chantier, mais non des moindres, concerne l’indépendance institutionnelle de la FECAFOOT.
Si la fédération souhaite fonctionner avec stabilité et éviter certaines ingérences ou blocages, elle devra impérativement renforcer son autonomie financière.
Cela implique de diversifier ses sources de revenus, attirer davantage de partenaires privés, optimiser ses projets commerciaux et réduire sa dépendance vis-à-vis des financements étatiques.
C’est un enjeu crucial pour construire une gouvernance durable et souveraine.
Avec ces quatre chantiers, le nouveau mandat de Samuel Eto’o s’annonce décisif.
Reste désormais à traduire ces ambitions en actions concrètes capables de transformer durablement le football camerounais.



Laisser un Commentaire