Une nouvelle tension institutionnelle secoue à nouveau le football camerounais. Dans une correspondance datée de ce 14 novembre 2025, adressée au Président de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT), le Ministère des Sports et de l’Éducation Physique (MINSEP) demande formellement de surseoir au processus électoral engagé depuis plusieurs mois et dont l’élection du président fédéral était prévue pour le 29 novembre prochain.
Un courrier ferme, argumenté et fondé sur des “irrégularités persistantes”
Selon la lettre, le ministère avait été saisi le 12 novembre 2025 par la FECAFOOT pour désigner deux représentants devant participer à l’Assemblée générale élective annoncée au Centre d’Excellence de la CAF à Mbankomo.
Mais la réponse du ministère est sans ambiguïté : refus catégorique compte tenu du « contexte actuel » et des « contradictions flagrantes » avec les recommandations formulées par l’État dans une précédente correspondance du 21 août dernier.
Le ministère rappelle avoir invité la FECAFOOT à résoudre préalablement toutes les irrégularités litigieuses signalées par divers acteurs avant toute poursuite du processus électoral. L’objectif était de garantir une élection transparente, inclusive et conforme aux textes fédéraux ainsi qu’au cadre consensuel FECAFOOT–CAF–FIFA du 13 juillet 2021.
Un processus “entaché d’irrégularités”, selon le ministère
Le courrier évoque explicitement : une absence de consensus, un processus marqué par des « vents et marées », des « irrégularités abondamment décriées » par des acteurs du football, et une perception d’opacité et de rupture de confiance entre la FECAFOOT et la Tutelle.
Pour le ministère, il est impensable de cautionner une élection « porteuse de germes de tensions, de divisions et de conflits », au moment où le football camerounais a besoin de stabilité et de cohésion.
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Un message politique clair : retour à l’ordre juridique
Dans ce document, l’autorité ministérielle rappelle son rôle de garant de l’ordre public sportif, soulignant que les élections doivent être conduites par des organes indépendants, impartiaux et neutres, conformément aux textes.
Le ministère exige ainsi la suspension immédiate du processus électoral jusqu’à : la résolution des contentieux, l’adoption de mesures correctives et la garantie d’un processus « crédible, régulier, transparent et conforme aux lois et règlements ».
Un processus pourtant déjà bouclé à la base
Cette intervention intervient au moment où les élections régionales et départementales avaient déjà été organisées. Le processus était quasiment achevé et il ne restait plus que l’élection du Président de la FECAFOOT, prévue le 29 novembre. Cette demande de sursis vient donc rebattre les cartes et pourrait avoir un impact massif sur la suite du processus.
Et maintenant ?
La balle est désormais dans le camp de la FECAFOOT, qui doit décider soit de suivre les instructions ministérielles et suspendre les élections ou de poursuivre malgré tout, au risque d’un bras de fer institutionnel aux conséquences imprévisibles.
Ce nouveau rebondissement vient confirmer une évidence : les relations entre la FECAFOOT et la Tutelle restent profondément crispées, à quelques mois seulement des échéances majeures du football national.



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