Qualifié dans la douleur après une phase de poules conclue par trois matchs nuls, le Mali n’avait plus le choix. Pour espérer voir les quarts de finale de cette CAN, les hommes de Tom Saintfiet devaient impérativement passer l’obstacle tunisien, une équipe elle aussi en manque de certitudes après un premier tour laborieux. L’affiche promettait une bataille serrée. Elle a tenu toutes ses promesses… jusqu’au bout du suspense.
Dans un stade plein à craquer et animé par des supporters bruyants des deux camps, la première période s’est révélée très fermée. Beaucoup d’intensité, peu d’espaces et surtout aucune frappe cadrée à signaler. Le fait majeur intervient à la 26e minute : Woyo Coulibaly est expulsé après une intervention grossière sur Hannibal Mejbri. Le latéral droit malien, coupable d’un violent piétinement sur la cheville du meneur de jeu tunisien, laisse les Aigles à dix pour plus d’une heure de jeu.
Dès lors, la Tunisie tente de prendre le contrôle des opérations. Les Aigles de Carthage mettent la pression, mais se heurtent à un bloc défensif malien très discipliné, parfaitement organisé autour de Yves Bissouma. Malgré l’infériorité numérique, le Mali résiste et rejoint la pause sur un score nul et vierge, au terme d’un premier acte pauvre en occasions.
La seconde période repart sur les mêmes bases. À dix, le Mali recule, ferme les espaces et mise sur des contres rapides, tandis que la Tunisie confisque le ballon sans parvenir à se créer de véritables situations dangereuses. Le Mali plie, mais ne rompt toujours pas.
À la 70e minute, Sami Trabelsi tente un coup en lançant Firas Chaouat. Un coaching gagnant. À la 89e minute, l’attaquant tunisien ouvre enfin le score : sur une délicieuse pichenette d’Elias Saad dans le dos de la défense, Chaouat place une tête qui termine dans le petit filet de Djigui Diarra. 1-0 pour la Tunisie. Le match semble scellé, et les quarts de finale tendent les bras aux Aigles de Carthage.
Mais le Mali refuse d’abdiquer. Dans le temps additionnel, les Aigles s’offrent une dernière offensive. Sur un centre de Gaoussou Diakité, le ballon touche la main de Yassine Meriah dans la surface. Après consultation de la VAR, l’arbitre désigne le point de penalty. Lassine Sinayoko ne tremble pas et transforme la sentence, arrachant l’égalisation et envoyant tout un peuple en prolongation.
Porté par ce but inscrit à la toute dernière seconde du temps réglementaire, le Mali continue de faire preuve de rigueur défensive durant les prolongations, procédant toujours en contre. La Tunisie pousse encore. Elle pense même tenir la qualification après un second but de Chaouat, mais la VAR intervient une nouvelle fois pour annuler la réalisation. Le sort de la rencontre se jouera finalement lors de la séance des tirs aux buts.
Une séance irrespirable, pleine de tension et de ratés. Le Mali s’impose finalement 3 tirs à 2. La Tunisie manque trois tentatives, contre deux pour le Mali. À dix contre onze pendant plus d’une heure, les Aigles maliens réalisent un véritable exploit et arrachent leur billet pour les quarts de finale au bout du bout du suspense.
Certes, depuis le début de la compétition, le Mali n’a toujours pas gagné le moindre match dans le temps réglementaire. Mais grâce à une détermination sans faille et une solidarité remarquable, il élimine une Tunisie qui nourrira d’immenses regrets. En quart de finale face au Sénégal, tombeur du Soudan plus tôt dans la journée, il faudra toutefois élever encore le niveau pour poursuivre l’aventure.



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