On ne l’avait plus vu sur une pelouse depuis de longs mois. Hier pourtant, Éric Parfait Djomeni a renoué avec le rectangle vert. Mais contre toute attente, ce n’est pas en MTN Élite One que l’ancien gardien de Victoria United a effectué son retour… C’est dans un stade de football à 7.
Un comeback discret, presque symbolique, loin du tumulte qui avait accompagné sa séparation tendue avec le club du Sud-Ouest et son président Valentin Nkwain. À l’époque, l’affaire avait enflammé la sphère médiatique du football camerounais. Éprouvé, le portier avait choisi de s’éloigner des terrains, le temps de se reconstruire mentalement.
Après l’épisode tendu qui l’avait opposé à son ancien club et à son président Valentin Nkwain, Djomeni avait pris du recul. Une pause nécessaire pour souffler, digérer et se reconstruire mentalement. Aujourd’hui, c’est par le championnat organisé par l’Association Camerounaise de Football à 7 (ACFA7), en Zone 3, qu’il amorce son retour. Aligné lors de la 3e journée avec le club Cartes d’Électeurs, il a participé à la large victoire 10-2 face à Talent d’Afrique. Une performance collective maîtrisée, mais surtout un signal fort : Djomeni est de retour.

Au terme de la rencontre, le gardien s’est voulu clair sur sa démarche : « On a eu une très belle équipe en face. C’est juste qu’à un moment donné, ils ont craqué. Je pense que c’est ça qui a fait la différence. On sait jouer au pied. On a l’habitude de jouer ensemble. La cohésion y est. ». Puis, il a levé toute ambiguïté sur son avenir : « Le foot à 7, c’est une transition. Abandonner le football à 11, c’est trop dire. Pour le moment, je me repose encore parce que psychologiquement, ce n’est pas bien. Tu dois retrouver la joie de rejouer. Le foot à 7, c’est une façon de me remettre en jambe. ». Des propos sincères qui révèlent une réalité souvent tue dans le milieu : le poids psychologique peut être aussi lourd que la pression sportive.
Au-delà du cas Djomeni, cette situation met en lumière le rôle croissant du football à 7 dans l’écosystème camerounais. Plus rapide, plus technique, plus accessible, il offre une alternative crédible aux joueurs en difficulté dans le football à 11. Blessures, conflits contractuels, baisse de forme ou besoin de se relancer : le football à 7 devient un véritable espace de transition. Un cadre moins exposé médiatiquement, mais compétitif, qui permet de rester actif, de conserver le rythme et surtout de préserver l’essentiel : le plaisir de jouer. Pour Djomeni, cette reprise n’est donc pas un renoncement, mais une étape. Une passerelle entre une période trouble et un futur qu’il espère plus serein.
Et si le football à 7 devenait, au Cameroun, cette bouée de sauvetage pour les talents en quête de renaissance ?



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