À quelques mois du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations, le Maroc multiplie les initiatives pour présenter ses infrastructures et son organisation. Notre équipe a sillonné le royaume pour vous offrir un tour d’horizon exclusif des préparatifs de cette CAN historique.
Al Boraq, le TGV qui révolutionne les déplacements

Gare Casa Voyageurs, 10h00. L’animation est palpable. Le train Al Boraq s’apprête à quitter Casablanca direction Tanger. En à peine 2h10, il franchira les 350 kilomètres qui séparent les deux métropoles, là où la route exigerait plus de 5 heures.
« Le voyage est paisible, rapide et agréable. Avec un tel service, se déplacer pour suivre les matchs de la CAN entre Casablanca et Tanger sera un vrai plaisir », confie un passager habitué de cette liaison qui transporte déjà 6 millions de voyageurs par an.
Les autorités ferroviaires l’ont confirmé : la fréquence sera renforcée pendant la compétition pour absorber l’afflux de supporters. Avec ses wagons climatisés, ses prises électriques et son Wi-Fi, Al Boraq promet de faciliter considérablement les déplacements des fans africains.
Dans le ciel, la liaison Tanger-Agadir complète parfaitement le dispositif. En 1h10 et pour 25 euros seulement, Royal Air Maroc relie les deux pôles de la compétition, transportant déjà plus de 350 passagers quotidiens.
Tanger : Une métamorphose spectaculaire

95% d’avancement des travaux, livraison prévue fin septembre. Le Grand Stade Ibn Batouta de Tanger vit actuellement une transformation majeure qui en fera l’un des joyaux de la CAN 2025.
« Le football est devenu aujourd’hui un spectacle comme un théâtre. Pour cette raison, le confort du spectateur est devenu une priorité », explique Anouar Amaoui, l’architecte en charge du projet.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : capacité portée de 60 000 à 75 500 places, 146 skybox aux normes FIFA et surtout, une prouesse technique remarquable avec sa charpente de 55 000 m² qui en fait la deuxième plus grande couverture au monde après le mythique Maracanã.
L’enceinte accueillera les matchs du groupe D avec notamment le Sénégal, avant d’abriter une demi-finale, confirmant son statut de temple du football continental.
Agadir Adrar : L’écrin de la montagne

« C’est un des grands stades qui vont abriter la CAN parce qu’il répond aux exigences de la CAF », affirme Hicham Allouli, directeur du Grand Stade d’Agadir. Surnommé « Stade Adrar » (montagne en amazigh), cette enceinte de 41 200 places bénéficie d’un atout majeur : sa pelouse naturelle, régulièrement citée comme l’une des meilleures du continent.
Le stade, parfaitement intégré dans son environnement montagneux, a vu son parking étendu de 2 600 à 4 500 places. Ses terrains d’entraînement et espaces techniques ont été entièrement remis à niveau pour accueillir les groupes B et F, dont l’explosif Cameroun-Gabon-Côte d’Ivoire-Mozambique.
Mais Agadir, c’est bien plus qu’un stade. Camp de base des Lions Indomptables du Cameroun, la ville balnéaire offre 300 jours de soleil par an, une plage de 10 kilomètres et de multiples attractions : la Kasbah Oufella, le Souk El Had avec ses 6 000 étals, ou encore les excursions vers Paradise Valley et Taghazout.
Marrakech : Le théâtre du choc continental

41 000 sièges entièrement remplacés, 708 caméras de surveillance, éclairage dernière génération. Le Grand Stade de Marrakech a subi une cure de jouvence impressionnante.
« Nous avons créé trois terrains d’entraînement supplémentaires et renouvelé tous les espaces : vestiaires, centres antidopage, zones presse », détaille Boulli Hadkrim de l’Agence nationale des équipements publics.
L’enceinte de la cité ocre s’apprête à vivre l’un de ses plus grands moments avec le choc Cameroun-Côte d’Ivoire, opposition de titans qui s’annonce déjà comme l’un des sommets de la phase de groupes.
Mohammed VI : Le temple de l’excellence

30 hectares, 66 chambres d’hôtel, 230 lits au total. Le Complexe Sportif Mohammed VI de Salé n’a rien à envier aux plus grands centres mondiaux. Inauguré en 2019, ce joyau technologique dispose de sept terrains aux normes FIFA, d’un centre de cryothérapie et d’une clinique médicale complète.
Notre visite sur ce site s’est transformée en expérience unique : journalistes et créateurs de contenu ont troqué carnets et caméras contre maillots officiels pour une séance de penalties mémorable sur le terrain couvert. Un moment qui illustre parfaitement l’esprit de convivialité que souhaite insuffler le Maroc à cette CAN.
Rabat : Entre mémoire et modernité

« Le musée du football marocain est un projet initié par le président Faouzi Lekjaa », explique la conservatrice Oumay Walid en nous accueillant dans ce temple de la mémoire footballistique inauguré en mars 2024.
De la « Terre des Pionniers » au « Hall of Fame », en passant par les images émouvantes du Mondial qatari, chaque salle raconte une page de l’épopée des Lions de l’Atlas. « Ce musée montre comment un peuple entier adhère à son football », s’émerveille Traoré Mamadou, journaliste ivoirien.
Parallèlement, Rabat a accueilli la première édition du Future Media Initiative, réunissant plus de 200 participants pour débattre de l’avenir des médias sportifs. Un signal fort envoyé au continent : le Maroc place l’innovation au cœur de sa stratégie.
« Le Maroc n’a rien à envier à l’Europe »
Les témoignages convergent. Vanister, artiste et influenceur camerounais, résume l’impression générale : « Le Maroc n’a rien à envier aux autres pays d’Europe et d’Amérique. Sur le plan infrastructurel, le Maroc est hautement compétitif à l’échelle internationale. »
Le journaliste malien Dembélé Abdoul confirme : « Le cadre est convivial et accueillant, avec un personnel qui se distingue par son professionnalisme. Tout est bien organisé, et les infrastructures semblent parfaitement adaptées. »
Cap sur 2030
Cette CAN n’est que le début. Morad Karaoui de la SONARGES l’annonce clairement : « La seconde phase, pour la Coupe du Monde 2030, consistera à couvrir l’ensemble des sièges et augmenter les capacités. »
Du Grand Stade de Tanger qui passera à 75 500 places à celui d’Agadir qui atteindra 46 000 sièges, le Maroc voit déjà plus loin. Cette CAN 2025 constitue un galop d’essai grandeur nature avant le rendez-vous planétaire de 2030, co-organisé avec l’Espagne et le Portugal.
Le verdict de nos envoyés spéciaux
Après avoir sillonné le royaume pendant une semaine, une évidence s’impose : le Maroc a mis les moyens de ses ambitions. Transports ultra-modernes, stades rénovés selon les standards internationaux, centres d’entraînement de classe mondiale, patrimoine valorisé… tous les ingrédients sont réunis pour une CAN d’exception.
Plus qu’une simple compétition, cette CAN 2025 s’annonce comme une vitrine de l’excellence marocaine et africaine. Le Royaume chérifien, fort de sa vision stratégique et de ses investissements massifs, est prêt à offrir au continent un spectacle inoubliable.
Rendez-vous en décembre pour vibrer aux couleurs de l’Afrique dans un Maroc plus moderne que jamais.



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