Ancien joueur emblématique et aujourd’hui entraîneur de l’Union Sportive de Douala, Bonaventure Djonkep traverse une période délicate avec les Nassaras Gamakai. Après une relégation historique la saison dernière en MTN Élite Two, le technicien camerounais tente de relancer un club mythique du football national.
Champion du Cameroun avec l’Union en 1990 et vainqueur de la Coupe du Cameroun en 1985 en tant que joueur, l’ancien international camerounais a aussi marqué l’histoire du club sur le banc en remportant le championnat en 2012, dernier titre des Nassaras à ce jour.
Rappelé la saison dernière en pleine crise pour tenter de sauver le club, Djonkep n’a pas réussi à éviter la première relégation de l’histoire de l’Union. Maintenu à son poste cette saison, il espère désormais ramener rapidement l’équipe en première division. Mais le début de saison est compliqué : après six journées, l’Union occupe la 7e place sur 8 dans la poule A avec seulement 6 points (1 victoire, 3 nuls et 2 défaites, 7 buts marqués contre 10 encaissés).
Avant la 7e journée prévue ce samedi au stade Annexe de Bepanda face à Eding Sport de la Lekié, lanterne rouge du groupe, Bonaventure Djonkep s’est confié à la rédaction de Foot Azimuts dans une interview exclusive.
Bonjour Monsieur Djonkep, comment se porte l’Union Sportive de Douala en ce début de saison ?
« Bonjour ! Oui, disons que l’Union ne se porte pas à merveille. Depuis 3 ou 4 matchs, nous allons de mauvais match à mauvais match. C’est vrai qu’à Yaoundé contre FAP, on a fait un très bon match après la lourde défaite de Bafoussam. À Douala contre Ngoketunjia, ce n’était pas ça. Et lors du dernier match à Kribi, je pense que les enfants ont vraiment mouillé le maillot malgré l’état du stade qui n’était pas conforme.
Nous tirons des leçons, nous avons des difficultés de buteur et nous essayons de travailler devant les buts. Nous espérons que samedi, nous allons commencer à stabiliser cette équipe.»
Qu’est-ce qui vous a motivé à revenir à l’Union Sportive de Douala malgré les difficultés rencontrées l’année dernière ?
« Disons que le fait que je réside à Douala, le fait que je sois un fervent supporter de l’Union et que je connaisse bien la maison ont beaucoup compté. Cet ensemble de réalités m’a poussé à revenir apporter ma contribution à la stabilisation de cette équipe.»
La saison dernière, l’Union Sportive a connu sa première relégation. Quel a été votre ressenti face à cette situation historique pour le club ?
« J’ai eu très très mal. Nous avons tout fait pour maintenir l’équipe. Je suis arrivé presque à la fin de la phase aller et nous avons essayé de faire un check-up, d’apporter notre expertise. Malheureusement, cela n’a pas marché.
Nous pensions qu’à l’intersaison nous avions trouvé les moyens de bâtir une équipe solide pour remonter immédiatement. Nous avons recruté des joueurs qui nous ont donné beaucoup de satisfaction lors des matchs amicaux. Mais depuis le début du championnat, ça traîne. Nous pensons toutefois que d’ici peu, l’Union retrouvera sa loi d’antan.»
Votre objectif principal cette saison est de remonter en Élite One. Comment comptez-vous atteindre cet objectif malgré ce début de championnat difficile ?
« Oui, notre objectif est de remonter cette année. C’est vrai que nous traînons un peu, mais nous n’avons pas perdu espoir.»
Comment gérez-vous la pression des supporters qui espèrent un retour rapide en première division ?
« Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas de pression parce qu’eux-mêmes savent que j’apporte ma contribution, j’apporte même mon argent. Nous essayons autant que possible, avec ceux qui sont là, de construire une équipe solide pour atteindre nos objectifs.»
Après six journées, l’équipe n’a obtenu qu’une seule victoire. Quelles leçons tirez-vous de ces matchs ?
« Comme je l’ai dit tantôt, nous ne marquons pas beaucoup de buts et notre défense est assez poreuse. Nous avons tiré des leçons et nous travaillons surtout sur le plan offensif. Avec un peu de réussite, je pense que notre championnat va véritablement commencer dans les prochains jours.»
Pour le prochain match contre Eding Sport de la Lekié, quelles sont vos attentes ?
« Comme je l’ai dit, nous allons essayer de tout faire pour marquer des buts et gagner ce match.»
Vous avez été joueur et entraîneur dans le championnat camerounais. Que pensez-vous de l’évolution de la MTN Élite One cette saison ?
« Je ne veux pas apporter beaucoup de critiques. Je ne suis pas en Élite One, je suis en Élite Two, et même ici je n’ai pas grand-chose à dire sur ce point.»
Pensez-vous que le championnat camerounais s’est amélioré sur le plan de l’attractivité ces dernières années ?
« Quand je jouais, lorsque je suis venu du Tonnerre de Yaoundé pour rejoindre l’Union de Douala, j’ai reçu environ 3 millions de francs CFA comme prime à la signature et j’avais un salaire stable de 200 000 FCFA.
Quand je compare avec aujourd’hui, je constate que le contexte économique est complètement différent. À l’époque, il y avait beaucoup d’argent qui circulait. Aujourd’hui, il y en a beaucoup moins.
Et je dis, sans risque de me tromper, que sur le plan financier, le football camerounais actuel ne vaut pas celui d’il y a 20 ans.»
« Quel message souhaitez-vous adresser aux supporters de l’Union Sportive de Douala ?
Je leur demande un peu de patience. C’est vrai que c’est difficile de voir leur équipe en Élite Two et avant-dernière de la poule. Nous en sommes très conscients et nous faisons tout pour redresser la barre. Je crois que nous allons pouvoir le faire.»



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